La Société Royale de Pêche et de Pisciculture « La Warfazienne » et les inondations de juillet 2021 !

Il nous semblait intéressant d’obtenir les avis et impressions des responsables de la «  La Warfazienne » sur les conséquences des inondations sur leurs activités et le projet de bassin d’orage dont on a parlé.

M. Serge Vanpevenage nous a fait parvenir les réponses de la Société Royale de Pêche et de Pisciculture.

La Warfazienne a-t-elle été impactée par les inondations ?

L’inondation du 13 juillet n’a heureusement pas fait de dégâts à notre chalet au bord du lac. Les trois aérateurs de fond que nous avons placés dans le courant du premier semestre dont le but est de dégazer le lac n’ont apparemment pas été impacté. Ce qui est un soulagement pour la société, car cela représente un investissement considérable.

La perte de poissons est difficile à quantifier. En amont du lac, le plan d’eau de Monsieur Counet a complètement débordé et nous pensons que beaucoup de ses poissons sont partis dans le Wayai avant de se retrouver dans le lac et dans les bacs de décantation. Nous avons probablement plus de chance au niveau du lac, celui-ci étant plus profond, les poissons ont pu se réfugier sur le fond afin de ne pas devoir lutter contre le courant. Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas eu de pertes, mais à notre avis, cela a été minime.

Il y a effectivement beaucoup de poissons dans le Wayai, mais il faut savoir que beaucoup de particuliers possédant des petits plans d’eau, des étangs privés ou le plan d’eau comme celui du centre sportif de Warfaaz ont été complètement engloutis et les poissons se sont retrouvés dans les prairies, sur les routes, pour ensuite retourner pour la plupart dans la rivière.

Les installations des bacs de décantation étaient déjà dans un état lamentable avant les inondations et les bacs « receveurs de boue » étaient tous les deux remplis. Le dernier coup d’eau a complètement détruit le fonctionnement de ces bacs. Les grilles ont été arrachées et emportées par la force du courant. Le problème est que la boue se trouvant déjà dans les bacs est passée dans le lac.

Pourquoi le niveau du lac a-t-il baissé ? La situation est-elle rétablie ?

Les inondations ont eu lieu à la mi-juillet et la fuite a commencé le 22 juillet. Le mercredi 21 juillet, aucune fuite n’a été détectée par le président de la société. Le 23 juillet, La fuite a été vue pour la première fois. Après avoir pris contact avec Monsieur Mathy, celui-ci nous a confirmé que la commune de Spa n’avait rien à voir avec cela. La cause de la fuite n’est pas connue. L’hypothèse la plus probable est une détérioration du tuyau qui aurait été endommagé suite aux inondations et qui aurait mis un certain temps avant de céder.
Plusieurs tentatives de réparation infructueuses ont eu lieu, mais n’ont pas tenu. Différents corps de métier auraient dû intervenir mais la météo en a décidé autrement. A l’heure actuelle, nous n’obtenons plus d’informations de la commune, mais nous pensons sérieusement que ce problème est pris très au sérieux par la ville Spa. La fuite est toujours bien présente actuellement.

Que pensez-vous du projet de bassin d’orage?

Le projet « balade au fil de l’eau et de l’histoire » * est un dossier bien ficelé, néanmoins nous pensons que les principaux problèmes ne seront pas réglés de manière définitive et que l’aspect naturel du lac qui plaît aux gens va complètement disparaître au détriment d’un aménagement totalement artificiel.

Le Wayai est un cours d’eau dit « torrentiel ». Dès qu’il y a un gros coup d’eau, celui-ci gonfle très vite et emmène avec lui des tonnes de sédiments (branches, troncs d’arbres -feuilles- pierres-boues et tous déchets se trouvant sur son passage).

  • La première action est de trouver une solution qui empêche les gros sédiments de venir buter contre les nouvelles installations, sans quoi ; celles-ci seront vite réduites à néant. L’idée de base serait de construire derrière le petit pont une chaîne de pilastres en béton mis en quinconce et dépassant le niveau de l’eau de 1.50 m. Ce système existe dans des pays comme l’Autriche et en cas de gros coup d’eau, ces éléments placés en quinconce laissent passer l’eau mais retiennent les gros sédiments comme les troncs d’arbres, grosses branches etc. On protégerait ainsi les nouvelles installations et également la structure du pont.
  • La deuxième action serait bien évidemment la remise en état de l’installation des bacs de décantation.
  • La troisième action : Le curage et la vidange totale du lac ne nous semble pas nécessaire.
  • Le curage de la vase d’un lac est la première solution qui vient à l’esprit pour éliminer la vase. Il s’agit d’un procédé rapide et efficace pour éliminer une grande partie de la vase présente au fond du plan d’eau grâce à une pelleteuse. La vase est ainsi supprimée et le plan d’eau est alors lesté de tous ses nutriments et de sa vase du jour au lendemain. Le curage complet d’un plan d’eau dénote un mauvais fonctionnement des installations du côté versant ou un manque d’entretien.

    Cette solution certes efficace comporte plusieurs désavantages : cette opération est très onéreuse, elle engendre en général le déplacement des poissons qui peut être très onéreux également. Elle crée un traumatisme important pour le plan d’eau, mettant à mal son équilibre biologique.
    Une autre possibilité est la biodégradation de la vase qui permet de dégrader la vase d’un plan d’eau de manière efficace grâce à une action biologique. C’est un moyen naturel qui permet d’éliminer la vase du plan d’eau. Moins onéreuse que la mise en place d’une solution de curage complet, elle doit s’inscrire dans un processus sur le long terme pour être efficace et gérer des volumes importants de vase.

    Nous préconisons de baisser le niveau du lac de trois mètres qui va mettre à jour les bancs de boues ou de vase sur l’amont du lac qu’il suffirait d’enlever. En effet, c’est sur la première partie du lac (juste derrière les bacs de décantation que le dépôt de vase est le plus important).

    Les avantages : l’équilibre biologique du plan d’eau ne va pas changer intégralement. Il y aura toujours de l’eau dans le lac et les poissons pourront y rester. Le peu de vase restant dans le plan d’eau peut être mis à mal par un déversement de bactéries aquacoles qui permet de réduire la vase de 40 %. C’est le système de biodégradation. L’avantage de ces bactéries aquacoles est qu’elles peuvent être déposées aux endroits décidés au préalable. Le reste de vase va se décomposer de manière naturelle.

    Réaliser une zone tampon de 1.5 m et retracer un chemin ne nous semble pas la solution idéale et va coûter très cher. Un gros coup d’eau comme celui du mois de juillet va simplement retarder le phénomène d’inondation de quelques heures. La réalisation de cette zone tampon, de nouveaux sentiers, des terrasses sur platelage en bois, trois pontons de pêche vont faire de cet endroit une zone complètement artificielle. Notre société a encore souvent tendance à remodeler des endroits magnifiques naturellement pour en faire des zones touristiques totalement dénudées de zones sauvages.

    C’est ce genre d’actions qui fait disparaître nos papillons, nos tritons, nos grenouilles, nos couleuvres, nos castors etc. Il y a une telle diversité d’invertébrés, d’insectes et de reptiles autour du lac de Warfaaz qu’il serait pratiquement criminel de sacrifier cela pour en faire une zone remplie d’installations en tous genres.
    Nous sommes dans une époque où beaucoup d’associations se battent pour que l’on garde des zones naturelles intactes.

    Ce projet va tout simplement à contresens. Ce plan d’eau doit garder cet aspect sauvage et ne doit pas donner l’impression aux gens qui s’y promènent de suivre un sentier balisé avec des installations tous les dix mètres.

    La remise en état du déversoir est impérative étant donné les dégâts actuels.

    L’idée serait de profiter durant ces travaux d’y placer un tuyau de 20 pouces (50.8 cm) ou 24 pouces (60.96 cm) sur lequel serait placé une bride motorisée pouvant être manipulée de la commune de Spa.Lors de prévisions météorologiques désastreuses, cette vanne pourrait être ouverte de manière préventive et pourrait faire descendre le niveau du lac à la hauteur voulue.
    Dans ce cas, nous n’avons plus cette limite de 1.50 m et pouvons anticiper de manière plus efficace.

    Pour en terminer, quel que soit le mode d’installation choisie, il faudra aussi en assurer l’entretien : vider les bacs de décantation dès qu’ils sont remplis, enlever les gros déchets (naturels ou pas) après chaque coup d’eau.

    Lac de Warfaaz : balade au fil de l’eau et de l’histoire. Ce projet de la Province de Liège envisageait de relier l’étang de la Fraineuse au lac par un sentier, de développer le secteur Horeca du côté Sart, de diminuer la hauteur du lac d’1,5 mètre afin de créer un autre sentier et de placer des animations sur le lac en créant notamment une île.

    19 août 2021 : Ce jour, le lac est bien rempli !

    Ce jeudi, le niveau de l’eau du lac est de nouveau à son maximum, grâce aux pluies qui n’ont pas cessé depuis plusieurs jours. On peut cependant voir qu’un tuyau à la base du déversoir déverse encore une grande quantité d’eau.
    Vous remarquerez que le mur du déversoir a été endommagé. Des pierres ont été enlevées par la crue sur une profondeur de 50cm et 3 mètres de long. Plusieurs personnes se sont inquiétées de cette situation. Renseignements pris, des étançons ont été placés pour stabiliser le mur. Les pierres qui ont disparu ne constituent que le parement du déversoir, donc une faible épaisseur proportionnellement à la grosseur du mur en arc à sa base. Il faudra réparer bien sûr mais c’est, nous a-t-on dit, sans risque pour le barrage.

    Article connexe : Le lac de Warfaaz


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