Le Figaro et le pigeonnier… ou un Spadois d’adoption

Photo prise à l’occasion de la retraite de Camille. Raymond Desonay le remercie d’avoir pris soin de sa barbe et lui souhaite une toute bonne année 2003.

Photo prise à l’occasion de la retraite de Camille. Raymond Desonay le remercie d’avoir pris soin de sa barbe et lui souhaite une toute bonne année 2003.

Le destin me fit rencontrer, par le plus grand des hasards, un personnage connu des anciens Spadois, ayant pour nom Camille Kuppens. Ce figaro se reposait sur un de nos bancs de la place Verte et ne se fit pas prier pour tailler une petite bavette.

Camille Kuppens est né à Bruxelles en 1926 d’un père originaire de Sint-Truiden (Joseph Kuppens) et d’une mère spadoise (Guillemine Decerf). Fort gentiment, Camille Kuppens m’invita dans son pigeonnier du Lido (ancien cinéma spadois, rue Albin Body) pour y évoquer ses souvenirs. Les parents de Camille vinrent s’établir à SPA et notre jeune homme fut, en 1941, dès l’âge de 15 ans, apprenti coiffeur chez Joseph Jérome à SPA ; ensuite chez Victor Bihin à Liège. Fort de son apprentissage réussi brillamment, notre figaro reprit le salon de coiffure pour hommes tenu par les frères Heck, avenue Reine Astrid 10 à SPA. Il se maria avec Paulette Thiebaut qui lui donna quatre enfants, deux garçons, deux filles.

Il officia pendant 50 ans comme « coiffeur barbier » dans les maisons de repos de notre ville. Notre Spadois de cœur n’était pas seulement « coiffeur barbier ».
Actif dans les milieux sportifs, il fit partie du comité du « basket club » spadois dont le siège était installé au « chalet du Parc » durant de nombreuses années. Délégué de terrain avec André Debatty, il était toujours présent pour l’entretien des installations et les réparations qui ne manquaient pas d’apparaître lors de certaines rencontres un peu « chaudes ».

Toujours à l’affût d’activités diverses, il fit partie du « cercle libéral » dont les réunions se tenaient à l’ancien cinéma « Lido ».
Il fut le Roi des Bobelurons (*) sous le nom de Jovial boit bien treizième du nom. « La Fraternelle » le voyait régulièrement lors des réunions qui se tenaient dans l’immeuble rue Albin Body.
Jean Henrard, notre quincaillier de la place Verte le recevait régulièrement et tous deux se plongeaient avec délice dans d’interminables conversations durant lesquelles la vie à Spa au temps des diligences, le passé, le présent et le futur alimentaient ces « joutes verbales ».
bobeluron
Camille ferma son salon de coiffure en 2003. Il avait septante sept ans et, derrière lui, soixante deux années de « figaro barbier » toujours à l’écoute de sa clientèle exclusivement masculine. Il savoure depuis, une retraite heureuse au cœur de sa ville d’adoption.
Monique Poncelet

* De 1951 à 1974, les Bobelurons animeront la vie carnavalesque de Spa. Cette confrérie organisait un grand festival de folklore. Le costume était chatoyant et rappelait l’origine du mot créé de la contraction de Bobelin et Luron. Lors des cortèges, les nombreux Bobelurons étaient entourés d’un dragon cracheur de feu, le « Bobelunosaure ». Il est resté gravé dans la mémoire des petits Spadois de l’époque.


Commentaire

Le Figaro et le pigeonnier… ou un Spadois d’adoption — Un commentaire

  1. Je viens de découvrir par le plus pur des hasards ce petit hommage à mon papa. J’en suis sincèrement ravie d’autant plus que Camille « monsieur chokotoff » pour les intimes vient de nous quitter en avril dernier quelques jours à peine après avoir passé le cap des 90 ans.
    Sa retraite fut longue mais hélas pénible, la maladie ayant pris la place. Lui que je n’avais jamais connu malade, il n’avait jamais fermé son salon de coiffure pour absentéisme du à la maladie.
    Seul petit bémol à votre joli article, papa ne s’occupait pas uniquement des barbes et cheveux de ces messieurs. En effet une fois par mois il coupait les cheveux des dames de l’hospice et haha il lui arrivait aussi de raser une ou deux pensionnaire qui le lui demandait.
    Il s’occupait également de couper les cheveux des enfants de l’orphelinat, filles et garçons. Bien entendu les fillettes se retrouvaient le plus souvent avec des coupes à la garçonne.
    Je l’ai souvent accompagné lors de ces rendez-vous précieux pour lui.Peu importe s’il avait fêté avec les Bobelurons le samedi soir, le dimanche dès 6h30 du matin il était à la maison de retraite et sa main n’a jamais tremblé lorsqu’il passait son rasoir sur le visage des pensionnaires.
    Certaines adolescentes de l’époque (dans les années 60\70)qui portaient fièrement des cheveux longs n’hésitaient pas non plus à les confier au figaro, il n’avait pas son pareil pour en brûler les pointes. Je suis convaincue que plusieurs d’entre elles s’en souviennent encore.
    Veuillez m’excuser si j’apporte ces petits détails probablement inutiles à votre article car vous avez parfaitement dépeint mon papa, je suis probablement un peu plus sentimentale étant donné que cela fait moins de 2 mois qu’il nous a quitté.
    Encore une fois mille merci à vous.
    Dominique Kuppens, fille aînée de ce spadois d’adoption et de coeur qu’était mon père.

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