Les hôtels nivezétois

1955 : l’Hôtel « Le Vieux-Nivezé » (carte postale)

1955 : l’Hôtel « Le Vieux-Nivezé » (carte postale)

Un hôtel devrait voir le jour prochainement à Nivezé. Les propriétaires du restaurant « Aux Campinaires » ont décidé de franchir un nouveau cap et d’ouvrir un hôtel de 7 chambres dans une partie de l’ancienne ferme du laitier Louis Jérôme plus connu des anciens villageois sous le nom de Louis Colas. Le projet franchit actuellement les diverses étapes administratives.

Néanmoins, ce ne serait pas la première fois que le village de Nivezé disposerait d’un hôtel. En effet, après la Seconde Guerre et jusqu’en 1966, la propriété nivezétoise de Gaston Peltzer-de Menten de Horne fut louée par Madame Clément-Nicolaï de Gorhez, qui y exploita un hôtel enseigné « Le Vieux-Nivezé ». Il se situait près de la fontaine du Tonnelet, sur le site actuel du Domaine de Nivezé appartenant aux Mutualités Chrétiennes. Cet hôtel proposait 9 chambres à sa clientèle.

Bien avant, vers 1910, la tenancière de « la Source du Tonnelet », Juliette Guermant-Decorty, proposait des chambres et la pension. Au même endroit, mais après la Seconde Guerre, la famille Wilkin-Sart fit de même. Roger Wilkin était cuisinier à l’hôtel « Le Vieux-Nivezé ». Actuellement, les bâtiments abritent le restaurant « La Fontaine du Tonnelet ».
Dans les environs immédiats du village, d’autres établissements ont été exploités aux hameaux de Préfayhay et de Warfaaz ainsi qu’à la Sauvenière.

A Préfayhay, « l’Hôtel d’Orléans », en activité bien avant la Première Guerre, est tenu par Louis Joseph Gernay-Bertholet jusqu’en 1931, puis par ses filles Germaine et Clémence jusque dans les années soixante. Cet établissement disposait de 18 chambres. En 1975, l’hôtel est géré par la famille Beaupain. Depuis le milieu des années quatre-vingt, il a été transformé en centre d’accueil pour handicapés avec comme nom le « Chèvrefeuille ».

1919 : l’Hôtel Leroy (carte postale)

1919 : l’Hôtel Leroy (carte postale)


De l’autre côté de la route se situait « l’Hôtel Leroy ». Il a été tenu par la famille Leroy du début du 20e siècle jusqu’à la fin des années soixante ; l’hôtel proposait 5 chambres. Le bâtiment a été démoli au début des années septante.

Deux autres établissements ont existé à Préfayhay : « la Pension Beauval » (du nom de l’ancienne villa dans laquelle elle était établie) située au niveau du n° 5 actuel, elle disposait de 10 chambres en 1961 ; et, « la Ferme des Tapeux » qui était située à Watroz, plus précisément promenade d’Orléans, elle proposait en 1914 des chambres et la pension.

Les Tapeux (è tapeû), lieu-dit, ensemble de prairies en pente, cité dès 1511, situé à l’ouest du ruisseau de la Sauvenière (aussi appelé ruisseau du Watroz) entre le chemin Sous-Bois et la route du Tonnelet.

Carte postale de 1930, Le Chalet du Lac (à gauche) et l’Hôtel du Lac (à droite)

Carte postale de 1930, Le Chalet du Lac (à gauche) et l’Hôtel du Lac (à droite)


A Warfaaz, « l’Hôtel du Lac », situé à l’extrémité nord du barrage, édifié sur les bases d’un ancien relais de poste, ouvre ses portes vers 1893. Plusieurs propriétaires, dont A. Richard-Jacques et Th. Blochouse-Marville, se sont succédé jusqu’en 1919, date à laquelle l’établissement est acheté par Marcel Jason, un restaurateur de Bruxelles. Il compte une quinzaine de chambres. Il est ensuite tenu par la famille Close, de 1954 jusqu’en 1989, l’année où il cesse ses activités. Depuis, le bâtiment abrite une maison de repos dénommée « La Résidence du lac ».
De l’autre côté du barrage, on trouve « l’Auberge du Lac ». Cet établissement de 6 chambres, construit au début des années vingt, s’appelait auparavant « Le Chalet du Lac ». Mathieu Fischer fut son premier propriétaire. De 1929 à 1939, cet hôtel-café-restaurant est tenu par Jean Cartel, puis par Mme Challier jusqu’en 1990, suivie de Noël Duprez jusqu’au milieu des années deux mille.

Entre les deux hôtels précités, derrière le barrage, légèrement en contrebas, se trouve « la Pension des Sources ». Cet établissement a été construit en 1957 par Charles Iafrate, le fils de Virgile, le légendaire marchand de crème glacée. Dès 1966, la pension familiale dispose de 6 chambres. En 2003, sa fille Rose-Marie, qui tient l’établissement depuis 1970, cède ses affaires aux propriétaires actuels.

A côté de « l’Auberge du Lac », le long de la route de Warfa, on trouve « Le Bouchon Gourmand ». Cet hôtel-restaurant, construit avant la Seconde Guerre, propose 3 chambres. Au fil du temps, il a porté plusieurs noms : « Le Henri IV » (tenanciers : MM. Counotte, Deleva), puis « La Crémaillère » (tenanciers : MM. Boutet-Gillet, Nunel), et enfin « La Pierre à Poisson » (tenu par M. Kockaerts de 1980 à 1998, puis par son épouse Angela jusqu’en 2003).

1930 : l’Hôtel-Restaurant des Champs des Sports (carte postale)

1930 : l’Hôtel-Restaurant des Champs des Sports (carte postale)


A la Sauvenière, face à la source, se trouvait un hôtel-restaurant qui a été démoli en 1943 pour élargir la route des Fontaines. Cet établissement, tenu par un dénommé Monville en 1914, portait le nom de « Hôtel-Restaurant des Champs des Sports » vers 1930 et appartenait à cette époque à G. Verpoort-Charlier.

Hôtel-Restaurant « Des champs des sports » ! Pourquoi ce nom ?

Il faut savoir qu’en 1913, afin de développer l’activité de la station balnéaire de Spa, il fut décidé de créer un champ de tous les sports à l’emplacement de l’hippodrome de la Sauvenière où la Ville possédait une étendue de 72 hectares. Le programme des aménagements était ambitieux : amélioration de l’hippodrome existant et de ses infrastructures, aménagement de neuf courts de tennis, aménagement d’un stand de football et des sports athlétiques, nivellement d’un terrain pouvant servir comme plaine d’aviation, déplacement des installations du tir aux pigeons, projet d’un vélodrome démontable, etc. , et cela en conservant à l’ensemble le cachet de verdure qui constitue toute la beauté du site. Durant la 1ère Guerre, afin d’occuper les ouvriers sans travail et pour leur éviter la déportation, la Ville de Spa fit réaliser une partie des aménagements précités. Fin 1915, à la demande des mêmes autorités communales, un projet d’une ligne de tramways électriques reliant la cité bobeline et le Champ des sports de la Sauvenière fut étudié par la Société Nationale des Chemins de fer vicinaux.

1920 : l’Hôtel de la Sauvenière (carte postale)

1920 : l’Hôtel de la Sauvenière (carte postale)


En 1880, F. Defossez, le gérant de « la Source de la Sauvenière », proposait des appartements garnis à louer avec pension. Le ménage Evrard-Chardez lui succéda du début du 20e siècle jusqu’au 27 décembre 1909, jour du terrible massacre. De 1911 à 1971, la source fut gérée par la famille Toussaint, Jean d’abord, puis son fils René, peintre paysagiste reconnu. A cette époque la pension de famille disposait de 6 chambres. Actuellement, un restaurant dénommé « Le Relais de la Sauvenière » occupe le bâtiment.

Jean Lecampinaire

Sources : Douces Nuits (M. Joseph 2005 Spa – Editions du Musée de la Ville d’Eaux) Spa pendant la Guerre 1914-1918 (J. Macquet 1919 – Bruxelles – Ad. communale de Spa) Toponymie de Spa (J. Antoine – 1971 – S.n. – S.l.)
Mesdames Josette Counet, Yvette Jérôme et Rose-Marie Iafrate Messieurs Xavier Coibion et Jean Kockaerts


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