Arbre remarquable en ville : le tulipier de Virginie

Le tulipier de Virginie : Silhouette, feuille, fleur et fruit

Le tulipier de Virginie : Silhouette, feuille, fleur et fruit

Le tulipier provient de la partie orientale des Etats-Unis. Dans son tronc rectiligne, on pouvait, dit-on, creuser un canoë capable de transporter une vingtaine de personnes ! C’est pourquoi les Indiens l’appellent « Canoe Wood »! Au Canada, on le nomme « bois jaune ». Il fut introduit en Angleterre dès le début du XVIIème siècle et le marquis de la Galissonnière en rapporta les premières graines en France en 1732. Le plus célèbre des tulipiers fut planté au Petit Trianon de Versailles pour la reine Marie-Antoinette en 1771. Il aurait pu vivre plus de 300 ans, il fut malheureusement abattu par la violente tempête de décembre 1999…

Si le tulipier fut importé d’Amérique du Nord, la découverte de feuilles fossilisées prouverait néanmoins que cette espèce était cependant présente en Europe dès avant l’ère glaciaire.
Il y a actuellement trois tulipiers dans le parc de Sept-Heures à Spa : un très bel arbre de près de 30m de haut, situé entre la galerie et la rue Hanster, un tout jeune sujet planté récemment et des rejets qui se sont développés sur la souche d’un autre très gros arbre abattu, à proximité du pied de l’ascenseur des Thermes.

L’identification du tulipier de Virginie – Liriodendron tulipifera L. –, « tulpeboom » pour les néerlandophones, est facile grâce à ses feuilles tout à fait particulières. Presqu’aussi larges que longues, de 15 à 20cm, elles comportent 4 lobes inégaux, pointus, avec un sommet large, le plus souvent encoché avec une échancrure nette. Le pétiole est long avec deux stipules (des appendices foliacés) à la base qui protègent le bourgeon jusqu’à son éclosion. De couleur vert jaunâtre, les feuilles virent à un jaune or, exceptionnel en automne.
L’arbre adulte a un port très haut, arrondi, jamais bien large, plutôt en colonne.
La fleur hermaphrodite, légèrement odorante, est dressée, compte 6 pétales, de vert très clair à blanc crème, et 3 sépales vert clair. Sa forme la fait ressembler à une tulipe, ce qui a donné le nom de l’espèce.

Ces grandes fleurs sont encore archaïques, peu élaborées et ont divers points communs avec celles des conifères apparus bien plus tôt dans la longue chaîne de l’évolution des espèces. Ainsi, les fleurs des tulipiers et, plus généralement, des Magnoliacées qui composent leur famille, font partie des formes les plus rudimentaires produites par les angiospermes (plantes à graines enfermées dans des fruits).
Les éléments du fruit composé sont réunis dans une sorte de cône central. A maturité, il évoque celui d’un conifère. En automne, il libère ses graines ailées, des samares simples ressemblant à celles du frêne.

En plus de son usage ornemental, qu’il doit surtout à sa somptueuse couleur jaune automnale, le bois brun jaunâtre, léger et tendre, peut être utilisé en menuiserie et en ébénisterie. En outre, on extrait de l’écorce des toniques et des astringents, ainsi que la liriodendrine, un alcaloïde succédané de la quinine. Le nectar des fleurs est apprécié des abeilles et, aux Etats-Unis, il donne un très bon miel brun foncé. Le tulipier aime le soleil et les sols bien drainés, pas trop calcaires. Il a besoin de beaucoup d’eau.

Il existe une seconde espèce, le tulipier de Chine – Liriodendron chinense -, rare et confiné à des collections. Sa feuille est plus découpée et arrondie. On cultive aussi diverses variétés de tulipiers, comme « Fastigiata » à cime pyramidale étroite. L’arbre le plus populaire de cette famille spectaculaire est néanmoins le magnolia à grandes fleurs – Magnolia grandiflora L. – comme celui de la place du Monument.

Il existe, par ailleurs, 35 espèces de magnolias dont la plupart sont cultivés !

Michel Carmanne


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