Sart

Le village de Sart avec sa très belle place du Marché, autrefois chef-lieu du ban de Sart puis de la commune de Sart-lez-Spa, est situé sur un « croupet » herbeux (altitude 380 mètres) qui domine la vallée du Wayai au sud et la vallée de la Hoëgne au nord. Depuis 1977, date de la fusion des communes, le village de Sart ainsi que ses proches hameaux Priesville (en wallon Priyèz’vèye) et Arzelier (en wallon Azelîs) font partie de la commune de Jalhay.

Le village Le Sart et le hameau Priesville, carte Ferraris de 1777

Le village Le Sart et le hameau Priesville, carte Ferraris de 1777

C’est à partir du 10e siècle que le « Marquisat de Franchimont » s’ouvre aux bûcherons, aux mineurs et aux paysans. Certains d’entre eux fonderont « Sartum » (Sarto, Sart). Sart signifie terre « essartée », défrichée. Le premier document connu remonte à 1131, il concerne la paroisse de Sart (« Ecclesia de Sarto »). L’ancien chemin de grande communication, allant de Tongres à Trèves, dont l’existence était déjà mentionnée au 7e siècle, traversait le ban de Sart, passant par Tiège, Sart, Priesville et Cokaifagne ; entre Polleur et Cokaifagne, il se confondait avec la « Voie du Fer », chemin qui servait à amener au marquisat le minerai de fer allemand. Un autre grand chemin reliant Limbourg à Luxembourg (anté-romain d’après l’historien spadois Jean de Walque) passait également non loin du village. Malheureusement, ils serviront souvent de voies militaires et maintes fois au cours des siècles, la région sartoise sera dévastée par le passage de troupes de tous pays (bataille de la Heid de Sart en 1651).

Sart est un des cinq bans composant le marquisat de Franchimont. Au 15e siècle, il connaît son âge d’or grâce aux activités métallurgiques ; en effet, nombreux sont les fourneaux, forges et platineries dans les bassins de la Hoëgne (17 établissements à la fin du 15e siècle) et du Wayai. En 1458, les magistrats de Liège font dresser un perron dans le village et en 1534, le prince-évêque octroie aux Sartois le droit de tenir foires et marchés. Jusqu’au 16e siècle, la population du village de Sart était quatre fois plus importante que celle de Spa. Fin du 17e siècle, lorsque les makas se sont tus, les Sartois se sont tournés principalement vers l’agriculture céréalière (seigle, avoine, pomme de terre, épeautre), l’élevage et l’exploitation de la fagne (en particulier de la tourbe). Dès 1847, les terres incultes sont mises en valeur par des plantations massives d’épicéas.

Au fil du temps, comme la plupart des agriculteurs de la région, les agriculteurs sartois se sont alors dirigés vers la culture herbagère liée à l’élevage des vaches laitières ; en 1846, il y avait 485 fermes sur le territoire communal (54% d’entre elles avaient une superficie inférieure à 3 hectares). A Sart comme dans beaucoup d’autres villages, fin du 19e siècle début du 20e siècle, les agriculteurs se sont associés pour être plus forts ; ils fonderont plusieurs coopératives dont la laiterie « La Concorde » (la laiterie cessera ses activités fin des années 1950, le dernier gérant s’appelait M Ansay).

Dans son étude réalisée au début du 20e siècle, intitulée « Histoire du ban et de la commune de Sart », l’instituteur François Michoël nous indique qu’à l’époque le village de Sart comptait 88 maisons, le hameau de Priesville 9 maisons et celui d’Arzelier 18 maisons. Après la 1ère Guerre, la vie changea radicalement pour tous lorsque l’électricité fit son apparition. Nouvelle avancée majeure en 1927, les habitations sont raccordées à la conduite d’eau alimentaire. Autrefois, les Sartois étaient surnommés les « Spotés coûlârts », parce qu’ils aimaient la coulée (le coin de l’âtre).

De nos jours, l’habitat du village de Sart est devenu essentiellement résidentiel, il n’y a plus que trois fermes en activité. Quelques commerces, dont l’inamovible épicerie « Chez Jenny », plusieurs artisans, plusieurs praticiens, une pharmacie, une agence bancaire et quelques établissements « Horeca » complètent le tissu économique du village.

Carte postale 1910 : Le perron de Sart et à sa droite le presbytère (de nos jours l’Office du Tourisme)

Carte postale 1910 : Le perron de Sart et à sa droite le presbytère (de nos jours l’Office du Tourisme)


Le perron

Le perron de Sart a été dressé en 1458 (pour certains historiens en 1457) par les magistrats de Liège. Il était le symbole de l’autorité souveraine, c’était à son pied que les lois et les règlements étaient proclamés, c’était là aussi que les jugements se rendaient et que certaines sentences étaient appliquées. Situé sur la place du village, il a de tout temps été le témoin privilégié des activités et fêtes locales.

Le dimanche 14 septembre 1958, Sart commémora le 500e anniversaire de son perron ; ce jour-là, le bourgmestre de Sart, Fernand Jérôme, inaugura les nouveaux aménagements de la place du Marché. 1er couplet et refrain de « l’hymne » écrit à la gloire du perron pour son 500e anniversaire :

Dispoîe bin vite cinq siékes passés,
Nosse bon vî pierron si drèsse fîr so nosse plèce.
Li timps l’aveu d’mantibulé,
Mins vo l’rila plin d’ine novèle fwèsse.

Salu vî pierron
Radjôni d’façon
A r’mémorer l’histoire
Di nos brâves Sârtois
Qui par leûs exploit
Sont tofèr couvri d’gloire

1900 : Le moulin banal Detroz (carte postale)

1900 : Le moulin banal Detroz (carte postale)


Le moulin banal
 
Durant l’Ancien Régime, chaque ban possédait son moulin banal. Celui du ban de Sart, cité pour la 1ère fois en 1454, était situé sur la Hoëgne (en aval de la forge « Le Chestelein »), à sa confluence avec le ru des Rogneux. Le moulin était à la disposition des habitants du ban moyennant redevance ; ils étaient tenus de l’utiliser à l’exclusion de tout autre. Le meunier de Sart était propriétaire de son moulin, mais il devait s’acquitter d’une redevance auprès du prince-évêque. Fin du 18e siècle, le meunier Guillaume Depouhon et son épouse Marie-Catherine Thomas cédèrent le moulin et ses
dépendances à Nicolas-Joseph Detroz, échevin et greffier de Sart. A la fin du 19e siècle, l’établissement fut transformé en annexe de ferme ; il y avait en effet déjà des lustres que la roue du moulin banal sartois ne tournait plus !

1920 : la place du Marché (carte postale) De gauche à droite : la laiterie « La Concorde »,  la maison Bronfort, l’église et le perron. La maison Bronfort date du 18e siècle (depuis 1989, elle est louée au Comité Culturel de Sart-Jalhay)

1920 : la place du Marché (carte postale) De gauche à droite : la laiterie « La Concorde », la maison Bronfort, l’église et le perron. La maison Bronfort date du 18e siècle (depuis 1989, elle est louée au Comité Culturel de Sart-Jalhay)

La paroisse 

La paroisse de Sart semble avoir été érigée au 10e ou au 11e siècle. Lors de sa création, elle englobait tout le pays de Spa et Jalhay. Elle était dédiée à Notre-Dame et Saint Lambert. Elle résultait du démembrement de la paroisse primitive de Theux. Un document daté de 1131 mentionne l’« Ecclesia de Sarto ». La tour-forte de l’église de Sart (classée depuis 1988) daterait du 12e ou du 13e siècle.
En 1573, la paroisse de Sart est démembrée, les paroisses de Spa et Jalhay voient le jour. Lors du gigantesque incendie qui ravagea le village en 1615, l’église brula entièrement, sauf la tour. Elle resta longtemps sinistrée, avant la reconstruction de la nef et de la toiture. En 1842, la paroisse de Sart est à nouveau démembrée afin de créer la paroisse de Solwaster. Lors de la dernière reconstruction de l’édifice en 1847, seule la tour fut conservée. Jusqu’au début du 20e siècle, le cimetière entourait l’église, puis il fut désaffecté et remplacé par le nouveau cimetière qui se situe le long de la route Verviers-Francorchamps (réalisée de 1845 à 1847), à mi chemin entre Sart et Tiège. En 1927, dernier démembrement, la paroisse de Tiège est instaurée. En 2008, le diocèse de Liège, dans le cadre du « chantier paroisses », fusionne les fabriques d’églises de Sart, Jalhay, Surister, Solwaster, Tiège et Nivezé donnant ainsi naissance à la nouvelle paroisse Saint Lambert de Sart-Jalhay. Août 2014 marque la fin de la restauration du clocher et de la tour, commencée l’année précédente. A l’intérieur de l’édifice se trouvent des fonds baptismaux de style roman datés de 1620.

Noms des desservants 

C’est sur un document de 1328 qu’apparaît pour la 1ère fois le nom d’un curé, il s’agit de Jean dit Tungunel,
Alexandre de Xhénemont (cité en 1515),
Antoine de Rouveroit (cité en 1516),
Jérôme de Xhénemont (cité en 1519 et 1538),
Hermann de Xhénemont (cité en 1570),
Noël d’Oneux (de 1573 à ?),
Jehan Collette Badon (de 1581 à 1613),
Ponce Baras (de 1614 à 1632),
Henry de Laloue (de 1644 ? à 1660),
Pierre Henrard (de 1660 à 1677),
Pierre-Henry Henrard (cité en 1723),
Jean Fraipont (de 1731 à 1736),
Joseph de Fassin (de 1736 à 1750),
N.J. Haulez (de 1760 à 1788),
Joseph De Bru (de 1788 à 1791),
Jean François Detroz (de 1793 à 1833),
L. Lamberty (de 1833 à 1838),
Joseph Legrand (de 1838 à 1843),
Pierre Thans (de 1843 à 1865),
C. Schommers (de 1865 à 1869),
J.P. Maréchal (de 1869 à 1891),
Eugène Felten (de 1891 à 1894),
Jean-Pierre Léonard (de 1894 à 1920),
H. Thirifays (de 1920 à ….),
Raskin (de … à …),
Pierre Lux de … à 1996 (aussi curé de Tiège),
André Lieutenant depuis 1996 (également curé de Jalhay, Tiège, Nivezé, Surister et Solwaster).

Le curé de la paroisse de Sart a très longtemps été assisté par un vicaire. Le premier connu est Adrien de Remouchamps (de 1564 à 1571). Après lui, plus d’une trentaine de vicaires ont officié pour la paroisse sartoise jusque dans les années vingt.

1920 : De gauche à droite sur la carte postale : Le café-salle Sente, la maison communale et l’école, le château Detroz (château de Sart), la maison Lespire

1920 : De gauche à droite sur la carte postale : Le café-salle Sente, la maison communale et l’école, le château Detroz (château de Sart), la maison Lespire


L’école 

C’est au 17e siècle, plus précisément en 1613 et en 1652 qu’il est fait mention d’enseignement à Sart. A cette époque, bien souvent, l’enseignement était dépendant de l’Eglise. Au début de la période hollandaise (1815-1830), l’école est tenue par le chapelain. En 1824, Gaspar Lemarquis est désigné comme instituteur, mais n’ayant pu obtenir son diplôme, il est rapidement remplacé par le vicaire Gallot qui tenait classe chez lui. En 1828, une classe est aménagée dans un bâtiment de « Petit Sart », Walthère Joseph Hardy est nommé pour instruire les petits Sartois. Après la révolution belge, une salle de la maison commune est aménagée en classe, elle pouvait accueillir 90 élèves. En 1868, une nouvelle maison communale à laquelle est jumelée une école comprenant trois classes (une pour les filles, une pour les garçons et une pour l’école gardienne) est inaugurée. Un siècle plus tard, la population scolaire ayant littéralement explosé, l’école devient trop petite ; « la classe» a lieu pour certains petits sartois : dans la maison Bronfort et dans le gîte d’étape.
En 1975, les écoles de Sart, Tiège, Solwaster et Sart-Station sont fusionnées ; Roger Bastin, en poste à Tiège, sera le 1er directeur de la nouvelle entité. La même année, le projet d’une nouvelle école est décidé ; mais il faudra attendre 1982 pour qu’elle ouvre ses portes. Cette école, située au lieu-dit « è lès Tchapèles », est actuellement en cours d’agrandissement et de rénovation. Cette année, pas loin de 240 élèves fréquentent l’établissement sartois.

Liste des instituteurs et institutrices :
J.H. Gouders de 1845 à 1865,
A.J. Tancré de 1855 à 1860,
I. Pirson de 1860 à 1862,
A. Reuchamps de 1862 à 1865,
François Michoël de 1865 à 1904,
J.P. Conter de 1865 à 1868,
E. Notte de 1868 à 1904,
Emile Fonck de 1904 à 1920,
J. Ernotte de 1904 à 1933,
Alphonse Fourir de 1920 à 1959,
C. Ernotte-Potelle de 1925 à 1960,
Angèle Pauly de 1934 à 1962,
José Laurent de 1960 à 2000 (directeur à partir de 1985),
Marie-Thérèse Hansoulle de 1960 à 1989,
Marcel Vilz de 1974 à 2006 (directeur à partir 2001), Monique Herman, Anne-Marie Michel, Madeleine Bogaerts, Anne Pirard et Marie-Pierre Maron.

Depuis 2006, l’école communale de Sart-Tiège-Solwaster est dirigée par Nicole Grégoire.

Sur le site de Sart, elle est assistée dans sa tache par : Marielle Pitz, Anne Counachamps, Emmanuel Warlimont, Marinette Michel, Valérie Piqueray, Anne Willem, Carine Lemaitre, Virginie Collard, Marie-Hélène Sente, Geneviève Maron et Françoise Sente.

L’hôtel de Sart en 1930, appelé initialement hôtel de la Renommée, puis fin de la 1ère Guerre hôtel de l’Aviation (carte postale)

L’hôtel de Sart en 1930, appelé initialement hôtel de la Renommée, puis fin de la 1ère Guerre hôtel de l’Aviation (carte postale)

Les commerces

L’activité commerciale actuelle du village a été abordée ci-avant. Au siècle dernier, parmi les commerces on peut citer : l’hôtel du Vieux Chêne, l’hôtel de la Renommée tenu par la famille Germeau-Jacquemin par la suite propriété d’Octave Duckers (en 1918, l’établissement devient l’hôtel de l’Aviation tenu par André
Brouwers ; puis en 1920, il change de nom et devient l’hôtel de Sart tenu par Léon Remacle puis par la famille Stassart ; actuellement la boucherie Jérôme), l’hôtel des Touristes établi dans l’ancien relais des diligences dans lequel les époux Raway-Demonty tenaient également une épicerie, le café-restaurant des Bons Amis propriété de la famille Bagnay-Bricka tenu ensuite par la famille Brochard-Bagnay (par la suite une agence bancaire ; puis la boucherie « Fumoir des fagnes » ; actuellement, une pizerria), l’épicerie d’Alice et Jules Malay (depuis 1960 la superette « Chez Jenny »), l’épicerie Zonderman (par après une agence bancaire), la boulangerie Muller (puis Fauconnier, actuellement Franck), la boulangerie-épicerie Maron (actuellement boulangerie Morlotti-Leroy), la boucherie Paul Bronfort (actuellement une friterie), le café de Henri Lespire tenu ensuite par ses enfants Maria et Alfred, le café-salle Sente, la mercerie de Monique Jérôme (actuellement une fleuriste), le restaurant « Le Pied Paseau » de la famille Bronfort-Vandenbrouck, le fleuriste « Le Bouton d’Or », la quincaillerie Vincent, le restaurant « l’Hermitage », l’auberge du Vieux Chêne tenue par Elisabeth Fettweis (appelée plus tard la maison du Maquis suite à la présence du prince Charles en 1944), …

Laetare à  Sart vers 1950 (Extrait de « Petite histoire sartoise », M. Carmanne)

Laetare à Sart vers 1950 (Extrait de « Petite histoire sartoise », M. Carmanne)

Le Laetare 

La tradition carnavalesque locale s’articule autour de deux personnages : le courrier et la bergère, dont l’histoire remonte au 17e siècle. Jadis, les festivités se déroulaient le Mardi-Gras et les deux jours qui le précèdent. Le Mardi-Gras, les carnavaleux sartois arpentaient les rues du village, puis gagnaient Tiège croisant en chemin les carnavaleux tiégeois. Le tour achevé, chaque cortège regagnait son village. Fin du 19e siècle, les fêtards décidèrent également de saluer la mi-carême (le Laetare) en offrant à boire, transportant la réserve du précieux breuvage sur un char tiré par un attelage. Bien des années plus tard, les chars furent garnis et décorés de fleurs en papier. A partir de 1938, le Mardi-Gras fut délaissé laissant la place au seul « Laetare ». Dans les années cinquante, les carnavaleux sartois se réunissaient dans les salles Sente, Bagnay et Stassart ; de nos jours, cela se passe dans la salle « La Grange » construite par la société « La Jeunesse Sartoise » (coorganisatrice du Laetare Sart-Tiège). Cette salle a été inaugurée en 1983. Afin d’éviter la concurrence avec Stavelot, depuis 1982, le Laetare de Sart-Tiège est organisé le dimanche qui précède la mi-carême.

1987 : Affiche de la Fête des Vieux Métiers à Sart

1987 : Affiche de la Fête des Vieux Métiers à Sart

La fête des Vieux Métiers 

En 1974, l’instituteur sartois José Laurent et son jeune collègue Marcel Vilz souhaitent mener un travail scolaire dont le but est de rencontrer les anciens du village, afin que ces derniers expliquent à leurs élèves la vie, les gestes et les métiers d’autrefois. La démarche se révèle être un véritable succès et débouche en 1976 sur l’organisation de la 1ère édition de la fête des Vieux Métiers dénommée « Nos R’prindans Rècène ». Cette manifestation, véritable musée vivant de la vie rurale au début du 20e siècle, est basée sur le bénévolat. Elle n’est ni une foire, ni un marché. Il n’y a pas de perception de droit d’entrée, ni de commerce. A ce jour, 11 éditions ont été organisées. Lors de la dernière, en août 2013, entre 30.000 et 40.000 personnes sont venues se replonger dans le passé, redécouvrir des métiers dont la plupart ont disparu et admirer les gestes d’antan.

1900 : La maison Lespire (carte postale) Cette maison bourgeoise du 16e siècle, de style Gothico-Renaissance, est dénommée « As hôts ègrés ». Elle a été partiellement détruite lors de l’incendie de 1615. Restaurée peu après, on la suréleva d’un étage.

1900 : La maison Lespire (carte postale) Cette maison bourgeoise du 16e siècle, de style Gothico-Renaissance, est dénommée « As hôts ègrés ». Elle a été partiellement détruite lors de l’incendie de 1615. Restaurée peu après, on la suréleva d’un étage.

Les incendies

A Sart comme dans les autres villages de la commune, la crainte de l’incendie a toujours été présente. Il faut dire que jusqu’au milieu du 19e siècle beaucoup
d’habitations étaient constituées de murs en torchis (meûrs di payou) et de toitures en chaume. Tous ces matériaux constituaient une proie facile pour les flammes, d’autant plus que l’éclairage se faisait à la bougie et que le feu brûlait toute la journée dans l’âtre. Durant les 17e, 18e et 19e siècles, de nombreux incendies ravageront plusieurs quartiers du village. Voici les plus importants : le samedi 8 août 1615, un violent incendie ravagea Sart, l’église et 42 maisons furent entièrement détruites ainsi qu’une grande partie des écrits de la greffe ; en 1640, le presbytère et 5 maisons ; en 1651, 43 maisons ; en 1672, 6 maisons et une partie de l’église ; en 1688, 14 maisons ; en 1715, 8 maisons au « Petit Sart » ; en 1820, 45 maisons ; en 1825, l’école, 40 maisons et la « maison commune » avec toutes les archives et les registres ; en 1870, 24 maisons.

Suite à ces fréquents incendies, il fut interdit de fumer dans le village au moyen de pipes non pourvues de couvercles métalliques ; les ménagères durent arroser copieusement les tas de cendres qu’elles enlevaient chaque matin des feux ouverts ; des patrouilles furent organisées afin de parcourir les rues de la localité (du coucher au lever du soleil) et sonner le tocsin en cas de sinistre. Dès le milieu du 19e siècle, l’architecture rurale évolua, les murs de torchis furent remplacés par des murs en pierres ou en briques et sur les toitures, le chaume fut remplacé par des plaques de schiste (les « cherbins ») ou par des tuiles à torchettes.

Les fontaines et les puits 

Place du marché se trouve une fontaine qui a été restaurée en 1980 dans le cadre de la fête des Vieux Métiers ; jadis, à cet endroit, existait un ensemble puits-bacs-abreuvoirs, il servait aux lavandières et au bétail du village. Le puits de Priesville, un puits de 8 m de profondeur, construit en 1881 pour la somme de 550 francs, desservait le petit hameau. Dans le quartier dénommé l’Ermitage, le puits du Bougnoux, un puits couvert (pus’a tchapê), était à la disposition des habitants. Fin du 19e siècle, l’ancienne commune de Sart possédait 34 puits publics et 179 maisons étaient pourvues d’un ou plusieurs puits privés.

Jean Lecampinaire


Sources :
Petite histoire sartoise (Michel Carmane – 2005)
Route des puits, fontaines et abreuvoirs (OTJS – 2007)
Histoire du ban et de la commune de Sart (François Michoël – S.d.)
Toponymie de la commune de Sart (Guy Vitrier – 1963)
Histoire de la jonction belge-grand-ducale (Michel Accarain – 1999)
Mmes Lucie Hansoulle-Counet, Noëlle Remacle-Willem, M et Mme Marcel et Nicole Vilz-Dumez, MM José Laurent, Paul Gernay


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